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Claudeforce pour les commerciaux : où se trouve réellement le gain de temps ?

Claudeforce pour les commerciaux : où se trouve réellement le gain de temps ?

Salesforce présente Salesforce in Claude comme un moyen de permettre aux commerciaux d’utiliser leur CRM directement depuis Claude, avec 37 skills commerciales préconstruites couvrant notamment la préparation de rendez-vous, la revue du pipeline, l’analyse d’une opportunité, la planification de compte ou encore certaines actions de suivi.

La promesse est naturellement celle de la productivité.

Et le sujet n’est pas anecdotique.

Dans la septième édition de son State of Sales, Salesforce estime que les commerciaux ne consacrent que 40% de leur semaine à la vente, les 60% restants étant absorbés par différentes activités qui vont de la saisie de données à la préparation, la recherche ou d’autres tâches nécessaires au fonctionnement commercial.

Il serait pourtant trop rapide d’en conclure que Claudeforce va simplement récupérer une partie de ces 60%.

Préparer correctement un rendez-vous reste nécessaire. Comprendre un compte reste nécessaire. Analyser une opportunité reste nécessaire. Maintenir le CRM à jour reste nécessaire.

Le véritable gain ne consiste pas à supprimer ces tâches, mais à réduire tout le travail intermédiaire nécessaire pour les réaliser.

C’est probablement là que Salesforce in Claude devient le plus intéressant pour les équipes commerciales.

Le problème n’est pas toujours de trouver l’information. C’est de devoir la reconstruire.

Prenons une situation très classique.

Un commercial doit préparer son prochain rendez-vous.

Les informations dont il a besoin existent souvent déjà quelque part :

  • le compte dans Salesforce ;
  • les opportunités en cours ;
  • les dernières activités ;
  • les contacts impliqués ;
  • les échanges récents ;
  • les prochaines étapes ;

éventuellement des discussions dans Slack ou des informations disponibles dans d’autres outils.

Mais disposer de toutes ces informations ne signifie pas qu’elles sont immédiatement exploitables.

Il faut ouvrir le compte.

Parcourir les opportunités.

Identifier les activités récentes.

Relire les notes.

Vérifier les interlocuteurs.

Essayer de comprendre ce qui a changé depuis le dernier échange.

Puis seulement commencer à réfléchir au rendez-vous.

Salesforce décrit précisément cette friction dans sa présentation de Claudeforce : une grande partie du travail consiste aujourd’hui à naviguer dans les différents écrans et à assembler mentalement les informations avant de pouvoir décider quoi faire. Salesforce in Claude cherche à déplacer une partie de ce travail vers Claude.

Le gain de temps commence donc ici :

entre l’information disponible et l’information réellement utilisable.

Premier gain : commencer la journée en sachant où porter son attention

Parmi les skills présentées par Salesforce figurent notamment daily briefing, pipeline review et forecast narrative.

L’idée est assez simple.

Au lieu de commencer sa journée en parcourant différentes vues Salesforce pour comprendre ce qui mérite son attention, le commercial peut demander à Claude de lui restituer la situation à partir de son pipeline :

  • qu’est-ce qui a évolué ?
  • quelles opportunités semblent nécessiter une action ?
  • quels dossiers sont à surveiller ?
  • quelles prochaines étapes arrivent à échéance ?

Salesforce présente d’ailleurs cet usage comme la possibilité de démarrer la journée avec un plan construit directement à partir du pipeline en cours.

À première vue, cela ressemble simplement à une meilleure synthèse.

Mais le gain potentiel est plus intéressant.

Aujourd’hui, prioriser correctement suppose souvent de passer successivement par plusieurs niveaux :

chercher → filtrer → comparer → interpréter → décider.

Une interface comme Claude peut déplacer une partie du travail vers :

demander → interpréter → décider.

Elle ne retire donc pas au commercial la décision de savoir sur quel dossier travailler.

Elle réduit surtout le temps nécessaire pour arriver jusqu’à cette décision.

Et dans une journée commerciale composée de dizaines de petites décisions de priorisation, cette différence peut finir par compter davantage que l’automatisation d’une grosse tâche réalisée une fois par mois.

Deuxième gain : préparer un rendez-vous sans refaire toute l’histoire du compte

La préparation de rendez-vous est probablement l’un des cas d’usage où la valeur de Salesforce in Claude est la plus facile à comprendre.

Salesforce mentionne notamment des skills de call prep, de cartographie des parties prenantes (stakeholder map) et de synthèse des conversations. Claude peut également utiliser le contexte disponible dans Salesforce, Slack et les autres connecteurs présents dans son environnement.

Le commercial peut donc arriver avec une demande beaucoup plus proche de son besoin réel :

« Prépare-moi mon rendez-vous avec ce client. »

plutôt que d’exécuter lui-même toutes les recherches qui permettent d’y répondre.

Le gain n’est pas que Claude sache qu’une opportunité existe.

Salesforce le savait déjà.

Il réside dans sa capacité à rassembler les éléments utiles autour d’une intention précise.

Qu’est-ce qui s’est passé depuis le dernier échange ?

Quels interlocuteurs jouent un rôle dans la décision ?

Quels sujets sont encore ouverts ?

Quelle est la prochaine étape ?

Y a-t-il une information récente qui mérite d’être abordée ?

Le travail qui disparaît progressivement est donc moins celui du commercial que celui de l’assemblage du contexte avant que le travail commercial puisse réellement commencer.

C’est une distinction importante.

Parce qu’une bonne préparation reste une activité à forte valeur.

Passer quinze minutes à retrouver les informations nécessaires pour pouvoir commencer cette préparation l’est beaucoup moins.

Troisième gain : passer plus rapidement de l’état d’un deal à ce qu’il faut faire ensuite

Salesforce ne limite pas Salesforce in Claude à la synthèse d’informations.

Parmi les skills présentées figurent également des capacités autour de la stratégie de deal : deal health review, close plan, stakeholder map ou encore handle objection.

C’est là que l’usage devient plus intéressant qu’un simple moteur de recherche conversationnel connecté au CRM.

Prenons une opportunité importante qui semble ne plus avancer.

Le commercial peut parfaitement retrouver lui-même :

les derniers rendez-vous ;

les emails ;

les changements d’étape ;

les contacts impliqués ;

la prochaine action prévue ;

les objections enregistrées.

Mais une fois ces informations trouvées, il reste encore à les rapprocher pour comprendre le problème.

Salesforce présente Salesforce in Claude comme capable d’utiliser l’historique du deal pour produire non seulement un état de santé, mais également des éléments de stratégie : objections susceptibles d’apparaître, plan de réponse ou prochaines actions.

Le gain potentiel se trouve donc à nouveau dans une étape intermédiaire.

Pas seulement :

« Retrouvez-moi les informations. »

Mais :

« Aidez-moi à comprendre ce qu’elles signifient pour ce deal. »

Évidemment, cela ne signifie pas que Claude devient meilleur que le commercial pour négocier avec son client.

Il ne connaît pas nécessairement toutes les nuances d’une relation, les signaux faibles observés pendant un rendez-vous ou le contexte politique interne d’un compte.

Mais il peut réduire le temps consacré à reconstruire la situation avant que le commercial puisse exercer précisément ce jugement.

Le temps gagné sur l’analyse mécanique peut alors être réinvesti dans l’analyse réellement commerciale.

Quatrième gain : réduire tout ce qui se passe après le rendez-vous

C’est probablement le gain le moins spectaculaire à montrer dans une démonstration, mais potentiellement l’un des plus importants dans la durée.

Un rendez-vous se termine rarement au moment où le commercial raccroche.

Il faut encore :

reprendre ses notes ;

résumer l’échange ;

mettre à jour l’opportunité ;

modifier éventuellement la prochaine étape ;

renseigner une activité ;

préparer un suivi ;

planifier un prochain rendez-vous.

Ces opérations prises séparément ne prennent parfois que quelques minutes.

Mais elles reviennent après chaque interaction commerciale.

Salesforce in Claude inclut notamment des skills liées à la synthèse de conversations, à la préparation des appels et à la planification de rendez-vous. Salesforce indique également que le plugin permet de maintenir le pipeline à jour et d’effectuer des actions directement depuis Claude.

C’est ici que l’interface conversationnelle peut changer assez profondément la mécanique.

Un commercial peut terminer un échange et formuler directement ce qu’il souhaite conserver ou modifier :

« Résume cet échange, mets à jour la prochaine étape et prépare mon suivi. »

Le point intéressant n’est pas seulement que plusieurs actions puissent être automatisées.

C’est qu’elles peuvent être déclenchées au moment où le contexte est encore présent dans le travail du commercial, sans passer par une succession d’écrans et de champs à retrouver.

On réduit ainsi ce que l’on pourrait appeler la traîne administrative du rendez-vous : toutes les petites opérations indispensables qui s’accumulent autour de l’activité commerciale principale.

Et c’est probablement l’un des endroits où le gain peut devenir réellement récurrent.

Gagner quelques minutes une fois n’a pas beaucoup d’importance.

Les gagner après chaque rendez-vous, chaque appel et chaque mise à jour du pipeline change davantage l’équation.

Le gain peut aussi venir d’un CRM mieux tenu

Il existe d’ailleurs un effet secondaire intéressant.

La saisie CRM est souvent présentée comme une contrainte pour les commerciaux.

Or un CRM mal renseigné finit ensuite par leur faire perdre du temps lorsqu’ils doivent retrouver du contexte, reprendre un compte ou préparer une prévision.

La septième édition du State of Sales montre justement que les commerciaux consacrent encore une part importante de leur temps à des activités qui ne sont pas directement consacrées à la vente, parmi lesquelles la saisie manuelle et la préparation.

Si Salesforce in Claude permet de réduire la friction nécessaire pour remettre l’information dans le CRM, le gain ne se limite donc pas nécessairement au moment de la saisie.

Il peut également apparaître la prochaine fois que cette information doit être utilisée.

Un compte mieux documenté se prépare plus vite.

Un pipeline mis à jour plus régulièrement est plus simple à analyser.

Une prochaine étape correctement enregistrée facilite la priorisation.

Le gain devient alors circulaire :

Claude facilite l’utilisation du CRM → le CRM est mieux alimenté → Claude dispose d’un meilleur contexte pour les interactions suivantes.

Ce cercle vertueux n’est évidemment pas automatique.

Il dépendra fortement de l’adoption par les commerciaux et de la façon dont Salesforce in Claude sera intégré dans leurs habitudes.

Mais il montre pourquoi la réduction de la saisie peut avoir davantage de valeur qu’une simple économie de quelques clics.

Le vrai sujet n’est peut-être pas l’automatisation, mais le changement d’interface

C’est probablement le point le plus intéressant de Claudeforce.

Une grande partie de ce que nous venons de décrire n’est pas totalement nouvelle dans Salesforce.

Il existe déjà des rapports.

Des dashboards permettent déjà de suivre le pipeline.

Des automatisations permettent déjà de créer des tâches ou de mettre à jour des données.

Des fonctionnalités d’IA permettent déjà de produire des synthèses ou des recommandations.

Ce qui change avec Salesforce in Claude, c’est la façon dont le commercial peut enchaîner ces capacités.

Il n’a plus nécessairement besoin de connaître l’écran, le rapport ou la fonctionnalité qui lui permettra d’arriver au résultat.

Il exprime son objectif.

« Que dois-je traiter aujourd’hui ? »

« Prépare-moi pour ce rendez-vous. »

« Qu’est-ce qui bloque cette opportunité ? »

« Mets à jour le CRM à partir de cet échange. »

Puis Claude mobilise les capacités nécessaires derrière cette demande.

Salesforce présente cette évolution comme le passage d’un logiciel dont la valeur est enfermée derrière son interface à une plateforme dont les capacités peuvent être utilisées directement depuis d’autres environnements grâce à Headless 360.

Pour les commerciaux, cette évolution peut avoir une conséquence très concrète :

moins de temps passé à utiliser Salesforce pour obtenir quelque chose, davantage de temps passé à demander directement ce qu’ils veulent obtenir de Salesforce.

Ce n’est pas exactement la même chose qu’automatiser une tâche.

C’est retirer une partie de la friction qui existe entre l’intention de l’utilisateur et le système capable de l’exécuter.

Tous les skills n’auront donc pas la même valeur pour toutes les équipes

Le chiffre de 37 skills donne une idée de l’étendue du premier périmètre de Salesforce in Claude.

Mais ce n’est probablement pas le bon indicateur pour évaluer l’intérêt de Claudeforce dans une entreprise.

Un commercial travaillant sur quelques comptes stratégiques ne perd pas son temps aux mêmes endroits qu’une équipe traitant plusieurs dizaines de leads chaque semaine.

Une équipe avec un cycle de vente de neuf mois n’a pas les mêmes contraintes qu’une organisation où les opportunités sont conclues en quelques jours.

Un Account Executive, un Sales Development Representative et un responsable grands comptes ne tireront donc pas nécessairement leur valeur des mêmes usages.

La bonne méthode consiste plutôt à regarder une journée ou une semaine commerciale réelle.

  • Où les équipes vont-elles chercher leur information ?
  • Combien de systèmes doivent-elles consulter ?
  • Que doivent-elles reconstituer avant un rendez-vous ?
  • Quelles mises à jour effectuent-elles après un échange ?
  • Quelles analyses recommencent-elles régulièrement ?
  • Quelles informations doivent-elles copier ou reformuler d’un outil à l’autre ?

C’est à ces endroits que Claudeforce peut être évalué. Pas en cherchant à utiliser le maximum de skills. Mais en identifiant les quelques moments où une interaction conversationnelle peut réellement supprimer plusieurs étapes de travail.

Identifier ces parcours avant de parler de productivité

Chez SIWAY, c’est précisément à ce niveau que nous considérons qu’un projet autour de Claudeforce doit commencer.

Avant de chercher à activer des usages, il faut comprendre le fonctionnement réel des équipes commerciales :

  • comment elles préparent leurs rendez-vous ;
  • comment elles priorisent leurs opportunités ;
  • quelles informations elles doivent rechercher ;
  • quelles opérations CRM elles répètent ;
  • quels systèmes elles utilisent en parallèle de Salesforce ;
  • et à quels endroits elles perdent réellement du temps.

À partir de ces parcours, il devient possible d’identifier les usages où Salesforce in Claude peut apporter une valeur concrète, puis de vérifier si les données, les processus et l’environnement Salesforce permettent de les soutenir.

C’est probablement là que se jouera la différence entre une adoption de Claudeforce qui impressionne pendant quelques démonstrations et une adoption qui change réellement le quotidien des équipes.

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